Nadocyte / Disques (maj:06/06/99)
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LES VERSETS ÉROTIQUES
Paroles: Philippe Val, musique: Emmanuel Binet

Je l'avoue chez nous l'amour,
C'est la nuit et c'est le jour,
On a des divans profonds,
Des lits de trois mètres de long,
Des coussins à l'orientale,
Et des tapis de mosquées,
Où on cueille les fleurs du mal,
En effeuillant des baisers,
On se tourne vers l'Orient,
Et l'on commence ardemment,
A gravir la grande échelle,
Qui conduit au septième ciel.

Alors on boit à l'amour,
Un vin vieux et mordoré,
Que la joie fasse des tours,
Dans nos deux coeurs affolés,
Je gagne le ciel d'un baiser,
Sur la pierre noire et sacrée,
Je rends grâces, du fond du coeur,
Au mystérieux créateur,
Qui a fait l'univers vivant,
Avec la seule idée fixe,
Que tout fonctionne en suivant,
Un scénario classé X.

Ami, plein de religion,
Toi qui brûles de conviction,
Sans doute, ma petite chanson,
Te fait sortir de tes gonds,
Mais la seule preuve que Satan
Rôde encore chez les humains,
C'est qu'un givré du turban
Peut tuer l'auteur d'un bouquin.
Sur terre, i'y a assez de trottoirs
Pour en changer sans histoire,
Si ton tabou c'est la Mecque,
Moi, c'est ma bibliothèque.

 

Tu es sûr d'avoir raison,
Mais, hélas, tu n'es pas le seul,
Tu aimes le thé, moi, le bourbon,
Y'a pas de quoi s'foutre sur la gueule,
Mais, si tu ris de mes tords,
Je vais pas t'condamner à mort.
Enivre-toi, si tu veux,
D'Imam, de Pape et de Dieu,
Défonce-toi à l'Eternel,
Mais lâche un peu les bretelles,
De ceux qui préfèrent trinquer
Avec leur voisin de palier.

D'ailleurs, moi, personnellement,
J'ai pas grand-chose contre Dieu,
Ce sont seulement ses agents
Qui me sortent par les yeux,
On s'invente des messieurs "plus",
Pour faire des affaires Dreyfus,
Les religions, de tout temps,
Ont versé des fleuves de sang;
Les credo et les "Je t'aime"
De Rome à Jérusalem,
Un beau jour, ont tous fini
Par une Saint-Barthélemy.

S'il y avait un Dieu bon,
Doué de pouvoirs véritables,
Il aurait viré ces cons,
C'est donc nous les vrais coupables.
Si divinité il y a,
C'est la nature c'est le vent,
C'est la terre, c'est toi, c'est moi,
Pas de quoi s'crêper le turban,
Comme le ruisseau dans le bois,
Descendons le fil des jours,
En écartant nos deux bras
Quand surgit une île d'amour.

   
     
    Comme le ruisseau dans le bois,
Descendons le fil des jours,
En écartant nos deux bras
Quand surgit une île d'amour

eric@ericnadot.com Nadocyte (maj:06/06/99) Retour Page d'accueil