Nadocyte / Disques (maj:06/06/99)
 
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Philippe Val : Paris-Vincennes.
(50'26 Auvrai chic Parisien AVCPCD1 distribution Média 7)

Ça débute par une CHANSON DE MARIN. (Apparté : c'est beau une chanson de marin ça évoque... ça évoque hum... le départ, oui et hum hum pas forcément le retour). On commence en beauté, quelle ambiance, quel mélo, quel blues, chavirant! LA FACTRICE est un hymne à ... sa factrice, "les PTT c'est joli mais faut pas aimer l'argent, nous on est privilégiés, dit-elle d'un p'tit air narquois, au bout de dix ans d'ancienneté, on a 5000 balles par mois", elle a des soucis, du chagrin, du courage, elle est magnifique et à la fin de la chanson on la connaît, on a envie de lui parler. Philippe Val sait chanter l'amour des gens simples, des choses simples, celui des animaux, MON CHIEN, son ami, compagnon fidèle à qui il dédie quelques accords, ce chien qui écoute du Trenet (Miss Emily sans doute, entre autres). Bon, l'amour c'est bien, on y reviendra, mais Philippe Val a toujours aimé mettre généreusement les pieds dans plat, et dénoncer sans relâche les stupidités que nous rencontrons quotidiennement. PARIS-VINCENNES parle de ce camp de Maliens qui a existé en face du château de Vincennes. "Oh stupeur, à deux pas de la ville lumière, une tribu de l'age de pierre". Toute la stupidité de la situation grossie par la loupe du chanteur, quel safari! Puisqu'on est encore tout près des animaux, tant pis pour ceux qui aiment LA CORRIDA. Lui il n'aime pas les "bouchers déguisés en sapin de Noël". Une chanson qui commence sous les meilleurs auspices et qui bascule sans prévenir. Continuons dans la polémique et l'amour. LES VERSETS ÉROTIQUES s'attaquent à l'intolérance, l'intégrisme, le fanatisme. Sur scène c'est un très grand moment. Le texte, la voix, le piano. C'est peut-être, dans ce disque, ma chanson préférée. Elle ne parle que d'amour de l'autre, de la différence, du respect, de paix, de générosité. Vous trouverez, page suivante, le texte de cette chanson. Un peu de nostalgie avec LE CINÉMA, LE MÉTROPOLITAIN, ajoutons de l'humour à la nostalgie pour SOIXANTE HUIT et LA CHATTE À MA SOEUR. Il reste quelques titres et non des moindres. De la poésie: CLOTHILDE, de la poésie philosophique: OU EST LE BOUT DU MONDE ? , de la poésie d'actualité: LES GENS NE VEULENT PAS LA GUERRE. Il y a aussi CHANSON POUR CHICO MENDES, que je qualifie d'écologique, mais tout ce disque parle d'écologie, l'écologie de Philippe Val, celle qu'il défend sur France Inter dans ses chroniques chez Jean Luc Hesse. Pour finir, REMERCIEMENT referme le sujet ouvert par  la première chanson. Et toujours ce piano, cette voix, et un texte superbe.

Pour conclure, c'est un disque dont je ne me lasse pas. Beau, drôle, généreux, très musical, très varié, un disque de poète, le seul poète (comme ils disent dans Chorus) capable de faire rimer "Indiana Jones avec "inox" et "mozabite" avec "rime".
En juin 98, si vous aviez trouvé l'accès à la cellule cachée (cf Le Jeu dans la page des Visiteurs) vous auriez pu gagner le disque de Philippe VAL. Trop tard, mais essayez quand même, c'est facile, ça se voit comme le nez au milieu de la figure.


eric@ericnadot.com Nadocyte (maj:06/06/99) Retour Page d'accueil