Nadocyte / Disques (maj:20/12/99)
 

Chanté en duo, avec la touche "Reggiani" mi chanteurs mi acteurs, ce standard de Boris Vian monte encore en puissance. Un bijou.

La Java des bombes atomiques
Paroles : Boris Vian, musique : Alain Goraguer (1956)
 

Mon oncle un fameux bricoleur
Faisit en amateur
Des bombes atomiques
Sans avoir jamais rien appris
C'était un vrai génie
Question travaux pratiques
Il s'enfermait toute la journèe
Au fond de son atelier
Pour faire des expériences
Et le soir il rentrait chez nous
Et nous mettait en transe
En nous racontant tout

Pour fabriquer une Bombe A
Mes enfants croyez moi
C'est vraimennt de la tarte
La question du détonateur
S'résoud en un quart d'heure
C'est de celles qu'on écarte
En ce qui concerne la bombe H
C'est pas beaucoup plus vache
Mais une chose me tourmente
C'est qu'celles de ma fabrication
N'ont qu'un rayaon d'action
De trois mètres cinquante
Y a quelque chose qui cloche là dedans
J'y retourne immédiatement

   

Il a bossé pendant des jours
Tâchant avec amour
D'améliorer le modèle
Quand il déjeunait avec nous
Il avalait d'un coup
Sa soupe au vermicelle
On voyait à son air féroce
Qu'il tombait sur un os
Mais on n'osait rien dire
Et puis un soir pendant l'repas
V'la tonton qui soupire
Et qui nous fait comme ça

A mesure que je deviens vieux
Je m'en aperçois mieux
J'ai le cerveau qui flanche
Soyons sérieux disons le mot
C'est même plus un cerveau
C'est comme de la sauce blanche
Voilà des mois et des années
Que j'essaye d'augmenter
La portée de me bombe
Et je ne me suis pas rendu compte
Que la seule chose qui compte
C'est l'endroit où c'qu'elle tombe

Y a quelque chose qui cloche là dedans
J'y retourne immédiatement

     
Sachant proche le résultat
Tous les grands chefs d'états
Lui ont rendu visite
Il les reçut et s'excusa
De ce que sa cagna
Etait aussi petite
Mais sitôt qu'ils sont tous entrés
Ils les a enfermés en disant : "Soyez sages "
Et quand la bombe a explosé
De tous ces personnages
Il n'en est rien resté

Tonton devant ce résultat
Ne se dégonfla pas
Et joua les andouilles
Au tribunal on l'a traîné
Et devant les jurès
Le voilà qui bafouille
Messieurs c'est un hasard affreux
Mais je jure devant Dieu
Qu' en mon âme et conscience
En supprimant tous ces tordus
Je suis bien convaincu
D'avoir servi la France

On était dans l'embarras
Alors on le condamna
Et puis on l'amnistia
Et le pays reconnaissant
L'élut immédiatement
Chef du Gouvernement